A smash-hit collective of grannies | Les Mains de Mamie | S3
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Ordonnés chronologiquementOn pouvait repartir, en fait, on a discuté, on sait tout.
C'est quoi la valo?
Bonjour à tous.
Bonjour.
Je m'appelle Aurélie de Barros, j'ai 32 ans, je vis à Marseille.
Et je vous propose d'embarquer dans notre aventure humaine inédite, les mains de mamie, pour 150 000 euros et 25% de départ de capital.
Avant de vous parler de mon projet, il faut d'abord que je vous parle de ma grand-mère paternelle, Lao Linda.
Ma mamie, c'était une femme exceptionnelle.
Elle est coquette, elle est courageuse, elle a un goût prononcé pour la punchline à faire rougir Jean-Pierre Nadier.
Mais surtout, elle était petite main de tailleur et elle avait un savoir-faire exceptionnel en tricot, crochet et couture.
J'ai souhaité apprendre avec elle son savoir-faire.
On a passé de nombreux après-midi ensemble.
Et ces moments de transmission ont été formidables pour moi, puisque j'en ai appris beaucoup sur elle, sur les combats qu'elle avait menés dans sa vie, qui elle était.
Et moi, c'est un souvenir qui est très fort pour moi.
Mais aujourd'hui, ma grand-mère, elle ne peut plus se souvenir de cela, parce qu'elle a Alzheimer depuis six ans.
Et cette maladie m'a fait vraiment prendre conscience de l'importance de la transmission dans notre société et aussi de l'isolement que cela engendre sur nos aînés.
Il faut qu'on se parle d'un chiffre.
Aujourd'hui, près d'un quart des Français de plus de 75 ans vivent isolés dans notre société.
Et moi, grâce à ma grand-mère et à ce souvenir, j'ai souhaité en créer d'autres, en créant les mains de mamie, la première marque de mâle.
intergénérationnelle, féminine et française.
Ça a été un succès et aujourd'hui, en deux ans, on a augmenté notre chiffre d'affaires de plus de 50%.
Mais on a besoin de structurer notre entreprise, on a besoin d'accélérer, de recruter et de développer aussi des nouveaux produits.
C'est pourquoi je viens auprès de vous pour vous demander 150 000 euros.
d'investissement à nos côtés.
Merci beaucoup.
Merci, merci.
Très clair.
Donc ton business, c'est de vendre des vêtements, on est d'accord?
Tout à fait.
On fait du surcommande.
On a des pulls que vous voyez ici, qui sont donc co-conçus avec nos mamies.
Ils sont faits sur commande.
Nous avons des stocks de pelotes, mais nous n'avons pas de stock de produits.
Donc si par exemple, moi je veux un pull, j'ai envie d'un pull, donc je vous appelle.
J'ai le choix entre plusieurs produits finis, c'est-à-dire que je ne peux pas concevoir mon produit.
Le surcommande, c'est-à-dire que vous voulez un pull Monique, mais vous, vous aimez les manches un peu trois quarts, ou vous les mettez un peu plus court.
D'accord, donc c'est là où je dis, je ne veux pas de bleu, là je voudrais du vert.
Alors on ne change pas encore les couleurs.
Pour l'instant, on n'en est pas là.
Mais on pourrait aller vers de l'ultra-personnalisation éventuellement.
Donc c'est la forme, je peux choisir la forme.
Pour l'instant, on personnalise les formes pour le moment.
Et vous avez combien de modèles dans la collection?
Presque 30.
30.
Et combien de tricoteuses?
Une vingtaine sur toute la France aujourd'hui.
Combien coûte le pull, du coup?
La moyenne, c'est 135 euros sur nos pulls.
Et ça varie selon la technicité, forcément, du savoir-faire, le fil utilisé.
Et alors, en termes de chiffre d'affaires, aujourd'hui, ça représente quoi vos ventes?
Alors aujourd'hui...
A date, nous sommes à 55 000 euros et nous avons un prévisionnel de 90 000 euros.
Et quelle est votre marge?
60-65% selon les produits.
Les prix sont répartis en toute transparence 20% pour la mamie, 20% sur la matière et 60% pour la marge.
Les mamies, elles sont en CDI ou elles bossent comment?
Alors, le modèle économique là-dessus, au début, à la création, j'ai été voir beaucoup de conseillers juridiques.
L'association, c'est très compliqué.
Je me suis rendue compte aussi, en rencontrant ces mamies, qu'en fait, elles avaient toutes des micro-entreprises.
Parce que les mamies, aujourd'hui, elles sont retraitées.
Elles sont malignes, les mamies.
Ah, les mamies ont des micro-entreprises.
Elles sont en holding, les mamies.
Les mamies sont en holding et elles prennent le bitcoin.
Elles payent en crypto.
Elles défiscalisent au Caïman.
Elles ont déjà des activités.
En fait, les retraités aujourd'hui veulent garder le lien, justement, si vous faire aussi un complément financier.
Il y a aussi ces problématiques-là de retraite compliquée.
Et donc, je l'ai rencontré beaucoup de mamies avec de micro-entreprises.
Et en fait, l'idée est partie de là où je me suis dit, on va faire de la prestation de service, on va travailler comme ça.
J'ai une question pour les mamies.
Donc, vous faites des pulls et vous êtes payé pour le pull à peu près entre 20 et 30 euros, si j'ai bien compris.
Oui.
Mais j'imagine que vous devez passer quand même pas mal d'heures.
Comment vous voyez ça un petit peu comme un complément?
Est-ce que vous êtes satisfaite du prix?
Parce que le prix horaire, je pense que vous ne faites pas un pull en deux heures, j'imagine?
Non, il nous faut à peu près, on va dire, 4 à 6 jours en moyenne.
Oui, pour 30 euros.
À peu près, oui, mais il faut savoir quand même que ce sont des compléments de retraite.
On est tous des...
Bien sûr.
Donc on a d'autres activités, on fait plein de choses.
Et puis ça vous permet de faire quelque chose.
Exactement.
Et vous pourriez m'apprendre là, faire un point?
Mais volontiers.
Alors moi, personnellement, je fais du crochet là.
D'accord.
Et ça peut être crochet, ça peut être tricot.
Au contraire, avec grand plaisir.
Prenez place.
Allez, je vais me mettre au milieu.
Alors ça, il faut immortaliser parce que le roi de la crypto en train de tricoter, celle-là, je ne la rate pas.
Reconversion inattendue.
On prend une maille, on passe le fil et on sort tout.
D'accord.
Allez-y.
Et tu ne les casses pas sans pull?
Je vais essayer de ne pas foirer.
Là, au point d'arrivée.
Alors, celui-là...
Il est foutu.
Ici, comme ça?
Il va être soldé, celui-là.
Il manque une manche.
Bon, excusez-nous.
Comme ça.
Non, non, non.
Non, non, non.
Voilà.
Voilà, comme ça.
Tirez la maille.
Voilà.
Et vous lâchez la maille.
Voilà, vous avez fait trois mailles.
Ok, c'est quand même du travail.
Ok, je vous le rends.
Merci.
Merci.
Est-ce qu'on peut voir les produits, les toucher?
Bien sûr.
Alors, j'ai mieux que ça.
Ah, des cadeaux.
Bon, on peut dire quand même que c'est un échec total pour Eric.
Non, non, il a fait trois mailles.
Il a fait trois mailles.
Trois mailles.
Voilà.
Encore 30 000 et il y avait un pull.
Pourtant, la maille, ça le connaît.
Pas mal.
Ah, il est doux, celui-là.
C'est un bonnet.
Ah non, c'est un débardeur.
Alors?
Le slip, c'est pour Eric.
J'ai été personnalisée.
Très bien, merci beaucoup.
On vous les a fait exceptionnellement.
Non.
Ah, c'est gentil.
C'est vraiment gentil.
Oh, j'adore.
Moi, le bleu marine, c'est ma couleur préférée.
Ah bah c'est une écharpe.
Est-ce que la collection, ça ne va pas à l'encontre, finalement, ou à contrario de ce qu'on voudrait voir lorsqu'on fait appel à une mamie?
Parce qu'une mamie, c'est quelqu'un qui transmet au travail du tricot de l'amour, parce qu'elle y a passé du temps, elle a consacré du temps pour toi.
Et donc, en général, on va essayer de personnaliser un petit peu les pulls.
Est-ce que ce n'est pas une évolution possible de ton modèle?
Ou est-ce que ça n'a rien à voir?
Parce que toi, tu es vraiment sur la collection.
En fait, les mêmes mamies, tout est possible.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on en est à un stade où on peut soit accentuer la personnalisation sur la collection, en effet.
On peut aussi développer d'autres produits parce qu'aujourd'hui, les clientes n'achètent pas qu'un pull.
Comme vous dites, elles achètent aussi un savoir-faire.
Non, mais est-ce que je suis en communication avec la mamie qui fait mon pull?
Aujourd'hui, non.
Non, aujourd'hui, non.
Par contre, voilà, vous avez une petite étiquette sur chaque produit.
Et je peux remercier ma mamie Morissette qui m'a tricoté ce...
Chaque mamie vous signe à la main.
Votre pièce.
Morissette, elle a bossé parce que moi aussi, c'est elle.
C'est Morissette aussi.
C'est Morissette sur les écharpes.
Les écharpes, oui, ça a été ma vie Morissette.
C'est doux, hein?
C'est super.
Il faudrait qu'il y ait une petite photo de Mamie Morissette, ce serait sympa.
Ce serait bien d'avoir les photos, tout à fait.
Super idée.
Donc, vous demandez 150 000 euros?
Oui.
Pour faire quoi?
Qu'est-ce que vous voulez en faire?
Déjà, recruter, développer, par exemple, le personnalisation sur mesure.
On pourrait très bien développer le site internet justement en ce sens.
Donc il y a tout à faire.
Beaucoup de choses à faire.
Si je peux me permettre, ça reste effectivement de la maille, c'est vrai.
Mais c'est aussi un fil conducteur, c'est-à-dire de l'ancienne génération vers la...
Des générations à venir.
Et puis ça fait partie aussi actuellement de tout ce qui est les économies d'énergie, de ce qui est durable.
C'est-à-dire qu'on ne va pas payer trop cher un vêtement si on peut le faire soi-même à la maison, c'est tellement mieux.
Bon, je ne suis pas commerciale, mais...
Si, si, vous faites très bien.
Vous avez une bonne base.
Voilà.
Non, non.
Ça me fait penser à Jean-Pierre.
Je ne sais pas pourquoi.
Je pense qu'il y a un truc entre vous.
On va s'associer.
On va vous dire ce qu'on en pense.
Alors, c'est vrai que vous avez bâti un fil conducteur à partir de valeurs qu'on a connues, nous, on va dire, l'ancienne génération quand on était petits.
Donc vous, vous aidez ce lien à se recréer.
Donc je pense que c'est très bien.
En revanche, moi, j'ai un peu de mal à comprendre pourquoi vous voulez aller plus vite et pour aller où.
Je pense qu'aujourd'hui, votre modèle, il est artisanal et que c'est très bien comme ça, pour moi.
Donc je vais devoir passer.
Voilà.
Merci.
Moi, je suis embêté parce qu'évidemment, vous êtes formidables.
On est devant un truc formidable.
On est obligé de se dire, il faut aider ce genre d'initiative, mais...
Franchement, si la mission s'appelait« Est-ce que tu veux être mon ami?
», vous auriez votre place.
Et là,« Voulez-vous être mon associé?
», donc on pense pognon, on pense rentabilité, coût-chiffre d'affaires.
Je trouve que ça me met assez mal à l'aise, en fait, parce que vous n'avez pas fait ça pour ça.
Et donc, moi, ça me met dans une position un peu ambiguë où je ne trouve pas vraiment ma place.
Donc je ne vais pas le faire, mais je pense que vous tenez un truc et qu'avec pas beaucoup de moyens, vous allez pouvoir le faire grossir très vite.
Dans l'esprit qui est le vôtre, qui n'est pas un esprit de pure entreprise qui est là pour gagner de l'argent, ne perdez pas le fil, restez dans votre logique et essayez de trouver des moyens alternatifs où il y a plus de liens, moins de pognon, mais plus d'âme.
Moi, si j'étais vous, c'est ce que je ferais.
Ok, merci pour vos conseils.
Très bon pitch.
En fait, vous êtes une belle entrepreneuse dans le sens noble du terme.
Vous arrivez à transmettre des émotions, vous êtes passionné par ce que vous faites.
Le Mamie Gang, je trouve ça génial.
Il ne manque plus qu'un peu de Booba derrière, en son, et on est au top.
Vous avez vraiment une mission humaine qui est très forte, qui fait du sens.
Ça lutte contre la consommation excessive, plein de vêtements qu'on va acheter, qu'on va jeter.
On sait que la mode, c'est la troisième industrie la plus polluante dans le monde.
Donc vous avez vraiment quelque chose à défendre.
Pour autant, une belle mission ne fait pas toujours un beau business.
Et un peu comme Marc, je suis embêté parce qu'on a envie de vous aider, mais j'ai peur qu'en mettant de l'argent comme on le fait en mode start-up,
Moi, je vous mets trop de pression, comme je vais le faire avec des entrepreneurs qui sont là pour faire de l'argent, alors que ce n'est pas votre combat.
Je ne pense pas être le bon actionnaire ou le bon investisseur pour vous aider.
Maintenant, à titre personnel et hors investissement, si je peux servir à quoi que ce soit, vous aider à travailler sur la marque, sur les réseaux sociaux, vous mettre en avant, vous pouvez vraiment compter sur moi parce que je trouve la mission magnifique et vous êtes magnifiquement bien entouré.
Merci beaucoup.
Eric.
C'est un beau projet qui n'est pas commun parce qu'effectivement, en général, quand on achète des vêtements, on ne sait pas d'où ils viennent.
Il n'y a pas vraiment ce lien social et cette idée qu'on va vraiment recevoir des mains d'une mamie quelque chose.
Donc c'est assez original.
Il y a une belle relation entre vous et j'ai peur que l'argent vienne pervertir un petit peu cette belle aventure.
Quand je dis l'argent, c'est l'accélération.
Et je vais vous expliquer pourquoi j'ai ce raisonnement.
Si on investit, ça veut dire qu'il va falloir augmenter la production.
Vous allez mettre la pression sur les mamies et il faut avancer doucement.
Et donc je ne pense pas que forcément l'accélération soit la meilleure stratégie qui soit.
Je pense que vous devez aller à votre rythme.
Et j'ai peur qu'un investisseur tel que moi pervertisse un petit peu cette belle aventure.
Et donc c'est pour cette raison que je ne vais pas vous accompagner.
Non, mais moi, je pense que l'idée de la collection, en fait, c'est la fausse bonne idée.
Parce que quelque part, on ne voit pas les gens qui tricotent.
C'est-à-dire que là, ce qui est intéressant, c'est qu'on voit évidemment qu'il y a un supplément d'âme qui est incarné, le moins qu'on puisse dire.
Mais lorsque je vais aller acheter un pull au Galerie Lafayette, j'aurai la marque et la main de mamie, j'aurai un petit mot, mais je n'ai pas ce rapport humain.
Et en fait, ce que tu as réussi à mettre en avant et qui est très bien fait dans ton pitch, on ne le retrouve pas forcément dans le produit de la collection.
C'est pour ça que moi, dans ma stratégie, je ferai une plateforme dans laquelle effectivement des gens pourraient s'inscrire, je ferai le blabla car
du tricot et on créerait du liant et on personnaliserait les pulls parce que si c'est pour avoir la même pull que tout le monde, autant aller acheter un pull alors que si je peux avoir un pull un peu différent
par les couleurs, par le format et donc ça, ça change complètement parce qu'en fait aujourd'hui on est dans une ère aussi où on veut personnaliser les choses donc en fait il y a deux notions, il y a le supplément d'âme donné par la tricoteuse et il y a le fait de pouvoir personnaliser.
Là, ça pourrait aussi créer un petit logiciel qui permette de le faire.
Donc, il y aurait un peu de techno au-delà de la dimension humaine.
Et là, il y aurait une logique de scalabilité parce qu'on pourrait dire qu'il y a 300 tricoteuses qui s'inscrivent chaque mois et que donc, on a une puissance de frappe très importante.
Et donc, je pense que soit on reste comme ça et on grossit gentiment et on passe de 20 tricoteuses à 40, soit on veut vraiment accélérer, auquel cas, effectivement, l'argent que vous cherchez à trouver a une logique.
Je crois qu'une mamie a fini un pull depuis que...
C'est ça.
Je serai prêt à commencer.
Soit vous restez comme ça, soit vous faites le Google du pub.
Donc, je termine.
Donc, du coup, moi, je serai prêt éventuellement à m'associer avec vous.
Si on fait le pivot que j'ai indiqué, et pour 150 000 euros, je pense que la valo, il faut un peu la réajuster.
Je voudrais 35%.
Donc, parce que je veux avoir une part importante, puisque je veux m'associer à la stratégie.
Voilà, maintenant, je comprendrais très bien que ce ne soit pas la vôtre, ma stratégie.
Je résume la situation peut-être.
Tu es arrivé ici en demandant 150 000 euros pour 25%.
Jean-Pierre te fait la proposition de te donner les 150 000 euros contre 35% si tu es prête à pivoter et avoir un modèle plus scalable de plateforme.
Qu'est-ce que vous feriez?
Moi, je penserais oui.
Moi, je fais.
Est-ce que vous m'aimez bien?
C'est pour ça.
Parce que je vous ai trouvé tout à fait sympathique.
Non, mais il y a un truc qui se passe.
Il y a un truc là.
J'ai bien vu que ça...
Ah bon?
Bande de jaloux.
C'est ça.
Tout d'abord, je voudrais vous remercier pour vos précieux conseils.
J'accepte la proposition de Jean-Pierre.
Mais oui!
Bravo!
Bravo!
Mais oui, Jean-Pierre!
On va s'y voter!
Bon, je vais essayer de tout gang.
Merci.
Merci beaucoup.
Merci à vous.
Merci pour le soutien psychologique, là vous avez été extrêmement efficace.
On se voit très vite pour le plan RH.
Ah oui.
Bravo les filles, bravo.