No one expected this move from Jean-Pierre Nadir | Lineup Ocean | S4
Timeline interactive de la conversation
Cliquez sur un bloc pour faire défiler jusqu'à cet échangeScript des Échanges (16)
Ordonnés chronologiquementMessieurs, bonjour.
Bonjour.
Bonjour.
Merci de m'accorder votre temps aujourd'hui.
Je m'appelle Robin Alloz, président et fondateur de Line Up Océan.
Une société à mission qui est spécialisée dans la conception des digues écologiques de demain.
Ok, j'investis.
Super.
Et pour mon assurance pro?
Bah, la Maïf.
Qui veut être mon associé sur toutes les plateformes social media avec Maïf, assureur militant?
Aujourd'hui, je vous propose d'investir dans ma société à hauteur de 250 000 euros pour 10% du capital.
Je suis ingénieur en océanographie physique du littoral et en écologie marine.
Je suis avant tout un surfeur passionné depuis près de 20 ans et un plongeur qui a décidé de dédier sa vie à la protection du littoral et des écosystèmes marins.
Pourquoi?
Parce que depuis mon enfance, je vois le niveau de la mer monter, les plages sur lesquelles j'ai grandi reculer et les écosystèmes sur lesquels je plongeais se dégrader et se fragmenter.
Je ne suis pas tout seul à vivre ce constat.
Aujourd'hui, dans le monde, plus de 600 millions de personnes sont directement concernées par le risque de submersion marine.
Et ce chiffre va ne faire qu'augmenter dans les années à venir.
Et rien qu'en France, c'est plus de 240 communes littorales qui sont exposées à ce risque qui est amplifié par le dérèglement climatique.
Et sous l'eau, en seulement 50 ans, on a perdu...
près de 50% de la masse totale d'espèces marines et de poissons à proximité des côtes.
Vous l'aurez compris, l'avenir de l'humanité dépend en grande partie de ce qui va se passer sur le littoral et au fond de la mer dans les années à venir.
Les solutions classiques de protection côtière, comme les digues, les épis, les brises-lames, tous les amas de roches que l'on retrouve sur nos fronts de mer,
sont devenues des solutions précaires de lutte contre la nature, qui ont montré leurs limites.
Parce qu'au lieu de protéger le littoral, elles peuvent amplifier sa destruction.
Je vais vous donner un petit exemple.
La plage de mon enfance dans le sud de la France a été aménagée il y a quelques années avec des digues classiques pour que cette plage s'agrandisse.
Au lieu de s'agrandir, cette plage...
Elle a reculé de 40 mètres en seulement quelques années.
En plus, ces digues ne sont pas conçues pour favoriser le développement de la vie marine, des poissons, des espèces.
Et les collectivités qui payent des fortunes pour se les offrir ne peuvent rien en tirer d'un point de vue économique ni paysager.
Il faut l'admettre, c'est quand même vachement moche dans le paysage.
C'est à partir de ce constat que le projet de Line Up Océan est né il y a 7 ans.
Et ça fait 7 ans que je mets toutes mes compétences techniques, tout mon savoir-faire, toute mon énergie et toute ma passion dans ce projet.
Comment?
Eh bien en développant les digues écologiques de demain.
Et ces digues, contrairement aux anciennes, elles ne sont pas bloquantes ou apparentes.
Au contraire même, elles sont poreuses et sous-marines.
Elles s'inspirent.
des formes, des mangroves, des herbiers marins, des fonds rocheux.
Cela permet à la fois d'atténuer la force des vagues pendant les tempêtes, tout en créant des habitats favorables pour les espèces marines et les poissons, mais également de développer
des sites de pratique pour des activités écotouristiques, comme la plongée, le snorkeling,
et même le surf.
Ces digues, elles sont constituées de blocs que l'on fabrique par impression 3D grande échelle à partir d'un matériau qui utilise des coquilles d'huîtres recyclées.
On les assemble ensuite sur le fond marin, de manière optimisée, comme des Legos, et nous les commercialiserons dès l'année prochaine auprès des villes côtières, en les accompagnant de A à Z,
de la conception du projet jusqu'à sa réalisation en mer et même sa gestion et son suivi sur le long terme.
L'humanité a toujours su s'adapter à son environnement, mais aujourd'hui on le sait, le temps presse.
Et nous avons cruellement besoin d'accélérer, à la fois sur le plan technique et commercial, car la portée de notre projet est mondiale, notre ambition aussi,
Et dans un contexte majeur d'évolution climatique et sociétale, la résilience côtière, elle, elle n'attend pas.
Merci de votre attention.
Sacré pitch.
Ça, c'était des pics.
Reprends ton souffle, t'étais.
T'as l'attitude cool du surfeur tout en ayant le professionnalisme de l'ingénieur.
Ouais, t'étais excellent.
Merci.
Il faut qu'on comprenne comment ça marche.
Qu'est-ce qui se passe de mieux que quand le béton arrête les vagues?
En fait, le fait d'arrêter les vagues, ce n'est pas forcément bon pour la plage.
J'ai compris.
Donc on ne cherche pas à lutter.
Contre la nature, on la laisse agir.
Ce qui se passe, c'est que les vagues sont juste atténuées pendant les tempêtes à un niveau, à une force que l'on souhaite.
Donc la plage, elle, elle continue de respirer, elle a besoin de cette énergie des vagues.
Mais c'est prouvé.
Ouais, c'est ce que je voulais demander, s'il y a des brevets ou des études.
Alors, nous aujourd'hui, on a injecté plus de 500 000 euros dans la R&D.
Et on a des preuves expérimentales qui montrent qu'effectivement, on a ce pouvoir de protection côtière et d'atténuation des vagues.
Ici, vous avez notre prototype qui a été immergé, qui a été colonisé par la vie marine en seulement deux semaines et qui a une intégration paysagère unique, contrairement à tout ce qui se fait à l'heure actuelle.
Alors, les chiffres, tu ne nous as pas parlé d'argent, de business model.
Sauver la planète, ok, mais l'argent quand même.
L'argent pour la sauver mieux.
Exact.
L'argent utile, d'intérêt général.
Notre modèle économique, il est axé sur la vente de nos solutions, nos produits.
C'est ce qui nous différencie d'un bureau d'études à l'heure actuelle.
Pour vendre ces produits, on est obligé de réaliser des études de conception, des études de faisabilité de projet.
Nos modules, on les vend au total avec le package études plus travaux à 10 000 euros l'unité.
Pour une plage de combien de mètres?
Pour un bloc.
Pour un bloc.
Pour un bloc, c'est?
D'un mètre.
Donc, on va parler en mètres linéaires, si ça vous va.
10 000 par mètre.
OK.
Études plus travaux.
Plus fabrication et pose du bloc.
Un mètre.
Voilà.
Une fois qu'il est sous l'eau, un mètre, ça a coûté 10 000 euros.
Je vais comparer par rapport au digue classique, si ça vous va.
En gros, une digue classique.
Aujourd'hui, ça coûte 2000 euros par mètre linéaire.
Nous, on a 10 000 euros.
Si on veut protéger une plage d'un kilomètre de long, avec des digues classiques, ça nous coûterait, si on posait des enrochements tout le long de la plage, 2 millions d'euros.
Nous, on a la possibilité de diminuer cette quantité, de mettre plutôt 500 modules, 500 mètres linéaires pour protéger un kilomètre.
On est plus efficace que des digues classiques.
500 modules à 10 000 euros, on est donc à 5 millions au lieu de 2 millions avec des digues classiques, mais avec deux fois moins.
Mais c'est quand même plus cher.
C'est quand même plus cher.
C'est plus cher.
Par contre, c'est plus durable.
Est-ce que tu as réussi à faire payer des gens?
C'est quoi le chiffre d'affaires?
Aujourd'hui, on vend nos études de conception auprès de plusieurs clients pour plusieurs projets.
On commercialisera nos solutions à partir de l'année prochaine pour un chiffre d'affaires prévisionnel de plus de 500 000 euros.
Mais là, tu as fait combien à date?
À date, on est plutôt autour de 30 000 euros.
C'est du conseil, là.
C'est de la conception, mais c'est de la conception qui va se finaliser l'année prochaine et qui va ensuite basculer sur la...
Attends, attends, mais comment vous faites?
C'est une grosse augmentation, là, 30 000, 500 000.
Vous avez des contrats garantis?
On a plusieurs contrats qui sont signés.
On a une prévision de vente de 100 unités dès l'année prochaine.
On passe à 250 unités dans deux ans, avec un chiffre d'affaires supérieur à 1,3 million.
Excuse-moi, 100 unités à 10 000, ce n'était pas 500 000.
Bon, quelque chose près, si.
Il y a les études et la conception.
Entre les études et la production, il y a des choses qui sont à cheval d'une année à l'autre.
Donc on translate un petit peu.
Et comment vous arrivez à une valo?
Oui, parlons-en de la valo.
À une valo comme ça, alors qu'il n'y a que 30 000 euros de chiffre d'affaires.
Alors, c'est des projets à long terme.
C'est des projets à long terme.
Moi, ce que je vous assure, c'est que le prévisionnel de l'année prochaine, il est vraiment calé à plus de 500 000 euros.
Et on prend deux points de croissance par an.
L'avantage...
Alors, deux points, c'est quoi?
2%?
Non, on double notre chiffre d'affaires.
Non, voilà, fois deux.
Voilà, chaque année.
D'accord.
Bon, c'est le premier à couper les 250 000 euros.
Alors, ces 250 000 euros, ils vont nous aider dans notre développement commercial, dans notre développement également en communication et en marketing.
On a également envie d'acheter un petit peu de matériel d'études pour nous aider à proposer une belle gamme d'études de faisabilité, de conception.
Et voilà.
Est-ce que pour toi, c'est un projet d'amoureux du surf?
Tu es un peu idéaliste, souvent avec tes potes surfeurs, quand tu t'es bien fatigué toute la journée, tu te dis comment on pourrait œuvrer pour changer ça?
Ou est-ce que tu penses vraiment que financer...
C'est quelque chose qui peut te rendre riche et que tu peux avoir un impact fort.
Je ne le fais pas pour l'argent ce projet, je ne l'ai jamais fait pour l'argent, je le fais pour servir la société.
J'ai mis...
En fait, c'est un projet qui a du sens pour moi, qui a donné du sens à toute ma vie.
C'est comme si j'étais né pour le porter.
Ok.
Le pitch, il était trop bien.
C'était très clair, très, très agréable.
J'ai l'impression que j'ai appris plein de choses.
Donc déjà, félicitations à toi.
Tu connais bien ton sujet et on ressent ta passion.
Tu ne vas jamais lâcher l'affaire avec ce projet-là.
Après, il y a plusieurs choses qui me dérangent.
C'est la valo.
Déjà, la valo, je la trouve énorme.
Et je pense qu'il va falloir beaucoup, beaucoup d'argent à investir chaque année pour réussir le combat.
Et moi, j'ai déjà choisi mes combats.
Donc malheureusement, je ne pourrais pas te suivre dans cette aventure.
Mais j'ai passé un super bon moment.
Félicitations à toi et je te souhaite vraiment bonne chance.
Merci Robin.
Merci.
Moi je trouve que tu as un projet incroyable, tu le portes super bien parce que tu es un amoureux de l'océan.
Donc bravo pour ton énergie et ce que tu as transmis aujourd'hui.
Parce que vraiment c'était intéressant.
Comme l'a dit Tony, on apprend des choses et c'est aussi le but de l'émission.
T'as fait un super départ et je trouve qu'à la fin, t'es un peu wipe out, comme on dit dans le surf.
T'as un peu fait une grosse chute parce que quand on est arrivé sur le chiffre, c'était un peu plus confus.
Je trouve qu'on n'a pas réussi à visualiser ce que tu pouvais faire.
Si tu avais parlé en maître installé, en disant nous notre objectif c'est de faire tant de maîtres, je trouve que tu nous auras embarqué.
Je comprends.
Là, 30 000 euros de chiffre d'affaires où c'est que du conseil, c'est effectivement très tôt et donc compliqué pour des personnes, en tout cas comme moi, qui ne maîtrisent pas vraiment le sujet, de se positionner.
Ça me semble un peu tôt.
Donc je vais passer pour ces raisons, mais vraiment, je te souhaite le meilleur.
Je rejoins un petit peu Anthony sur l'analyse.
C'était bon pitch, belle énergie, belle promesse.
Et dès qu'on a parlé un petit peu du business model, c'est devenu un petit peu confus.
Et donc, le doute s'installe.
Et si on rajoute une valorisation qui n'est pas en raccord avec ce qui a été fait jusqu'à présent,
Ça rend le dossier un petit peu compliqué.
Et c'est pour ces raisons-là que je vais passer.
Merci.
Moi, ce que je comprends, c'est que le principal atout de ce que vous faites, c'est que vos digues, elles sont discrètes.
Vous avez commencé le pitch en disant, moi, la plage de mon enfance, elle est défigurée.
Donc, ce que vous rêveriez, c'est que les digues ne se voient pas.
Et on partage tous ce constat, on ne veut plus de plages comme ça.
C'est un problème de riches par rapport aux gens qui ont juste une plage, qui veulent juste conserver et continuer à vivre avec.
Donc je pense que votre projet, il s'adresse à des gens qui ont les moyens de travailler sur l'esthétique de la plage et donc quelques communes en France
qui vont être ravies de ne pas défigurer leur littoral pour des raisons économiques probablement, de tourisme, etc.
Donc il y a probablement un marché.
Le problème, c'est que le marché des communes riches qui veulent faire de l'esthétique, je ne sais pas combien il y en a, mais il n'y en a pas des masses.
Par contre, si vous dites que vous êtes la meilleure solution de protection du littoral, alors votre marché, c'est 20 000 km de côte et qu'on se fiche de savoir si c'est par esthétisme ou pas.
Les gens achèteront vos produits parce que c'est les seuls.
qui peuvent sauver leur plage.
Et si c'est ce marché-là, vous adressez un marché qui est gigantesque.
Et il est tellement gigantesque ce marché que ça devient un marché quasiment public.
Ce n'est pas à la portée d'une boîte privée, ce n'est pas à la portée d'un investisseur aussi riche soit-il d'aller sauver.
X% des 20 000 km de côte française.
Mais ce n'est même pas exclu que vous récupériez des millions d'euros de la communauté européenne pour mettre votre solution parce qu'elle est efficace.
C'est pour ces raisons-là que n'étant pas à l'État, je ne peux pas vous accompagner.
Ok, merci.
Respire un petit coup parce que je vois que t'es ému là.
Tu as été très bon, tu portes une cause et tu as été un ambassadeur formidable de la cause en question.
Et donc c'est ça qu'il fallait que tu réussisses.
Donc sois rassuré, déjà cette partie-là, elle est réussie et c'est quand même le plus important.
J'ai envie de t'aider et j'ai envie d'aider cette cause parce que la cause est formidable et que j'ai entendu plein de gens en parler et que tu es un des meilleurs que j'ai entendu depuis deux ans.
Moi, je te fais une proposition, mais qui n'a rien à voir et qui, normalement, est interdite dans cette émission.
Normalement, on n'a pas le droit de revoir le montant.
Moi, je trouve que le montant de 250 000 euros, il est ou trop important ou pas assez.
C'est-à-dire que si on veut faire le projet de marque, même là, on additionne toutes nos fortunes, déjà, on n'y arrive pas.
Donc, ce n'est pas nous pour ce projet-là.
Par contre, s'il faut accompagner un gars qui a l'air, il fera investi, qui a l'air intelligent, qui peut-être peut apporter des réponses
à un horizon d'un an, deux ans, trois ans, quatre ans, que sais-je, peu importe, qui va pouvoir continuer à réfléchir, continuer à faire avancer les solutions, alors moi je suis prêt à investir 50 000 euros tout de suite, mais à condition qu'on continue à avancer
et que le projet industriel, on le développe le jour où on a un modèle industriel, ce qui n'est pas le cas dans le cas d'At.
Ce n'est pas une donation juste pour ton oeuvre.
C'est de l'argent pour développer le futur.
Et on en a besoin.
Il faut qu'on arrive à produire des choses et à faire des démonstrations progressivement que ça fonctionne.
Et après, crois-moi, les industriels viendront à nous.
Merci.
Allez, un bras me lève pour féliciter notre jeune ami.
Avec cette proposition, Jean-Pierre Nadir décide de ne pas investir dans l'entreprise de Robin, mais de lui apporter 50 000 euros afin de l'aider dans le développement de son projet.
Ça va?
Oui, c'est bon.
C'est fait.